Les crêtes

L'ORIGINE DES ACCÈS AUX CRÊTES

Le Rhin servait de frontière entre l’Allemagne et la France mais en 1871, le traité de francfort établit l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne. La limite Franco-Allemande suit les Crêtes ce qui correspond à la ligne de partage des eaux. Avant 1914, on passait  d’une vallée à l’autre par les cols (Rothenbach, Le Bonhomme, Bramont, Le Tanet …) mais les Crêtes restaient le domaines des marcairies. Avec le développement du tourisme, les lignes de tramways vont se créer.

SUR LE VERSANT ALSACIEN

Par un tramway électrique depuis la gare de Munster et qui devient crémaillère pour grimper des pentes de 22% afin d’atteindre le col de La schlucht. Entre l’Altenberg et le col, la ligne longeait la route et franchissait avec elle un petit tunnel de 22m. Ce tramway roule à une vitesse de 17kms/heure, pour 10,800kms en adhérence normale et 2,800kms en crémaillère
Tram dans la grande tranchée
Tram de La Schlucht
Mise en service le 16 mai 1907, la ligne fut exploitée uniquement à la belle saison sur sa partie la plus haute, le service hivernal se limitant à la desserte de la partie basse, entre Munster et Ampfersbach voire si besoin jusqu’à Grossmatt. En été, 9 allers-retours étaient programmés, avec deux rames se croisant à mi-parcours les dimanches et fêtes.
La ligne fut interrompue en 1914 au commencement des hostilités et détruite pendant la guerre. Elle ne fut pas reconstruite. Les deux lignes n’étaient pas reliées à La Schlucht qui étaient alors l’un des postes frontière de l’Empire d’Allemagne.
Frontière franco-allemande

SUR LE VERSANT VOSGIEN

Une ligne de tramway à vapeur fut ouverte le 15 juillet 1897 qui reliait Gérardmer à Retournemer, mais les automotrices n’eurent qu’une existence éphémère du 25 juillet au 4 août 1897, elles furent rapidement remplacées par deux locomotives qui permirent la mise en circulation simultanée de deux trains sur la ligne. La compagnie put assurer un service estival dès l’été 1898, avec un aller et retour par heure le week-end, le trajet durait 45 minutes.
Gare de Retournemer
En juin 1904, le tronçon Gérardmer-Retournemer-La Schlucht fut ouvert. Le service comportait un départ de Retournemer par heure, une partie des trains rebroussant (revenir en arrière) à La Schlucht pour atteindre Le Hohneck. Le trajet durait 1/2 heure de Retournemer à La Schlucht puis 1/4 d’heure pour Le Hohneck
Tram montant au Hohneck
Gare du Hohneck
tram descendant du Hohneck
En 1913 d’importants travaux devaient permettre un développement de la ligne en vue d’un service hivernal pour les adeptes des sports d’hiver. Il était envisagé de raccorder cette ligne et celle venant de Munster et d’électrifier la section de Gérardmer-Retournemer mais la guerre ne permit pas ce projet. 
Téléphérique au Hohneck
Allemand sur le cable
L’Armée prenant possession de la ligne pour acheminer son matériel, elle construisit un téléphérique reliant le lac de Retournemer, le sommet du Hohneck, le lac de Schiessrothried et la vallée  de La Wurmsa. Elle créa des raccordements et développa les installations des terminus de Gérardmer et du col de La Schlucht , permettant une desserte depuis le côté français de l’Altenberg, station jusqu’à laquelle la caténaire avait été prolongée. A près la guerre, le service reprit dans les mêmes conditions qu’avant la guerre.
Le 14 juillet 1923, survient un accident jugé très grave à l’époque qui fit quatre morts. Deux automotrices se télescopent entre Le Hohneck et La Schlucht. Pour une raison inconnue, la voiture qui venait d’arriver au point terminus de la voie au Hohneck, se met soudain à reculer, sa soixantaine de voyageurs étant encore à bord. Or 800m plus bas montait une seconde voiture. Le conducteur de cette voiture, Mr Gilles sonna l’alarme , stoppa et demanda à ses voyageurs de descendre. Accrochées l’une à l’autre les deux voitures dérivèrent sur 13300m  et finirent par quitter les rails dans une courbe, côté talus et non ravin … Bilan: plusieurs morts, une trentaine de blessés et deux automotrices détruites.
               1925  
 L’intégralité de la ligne Gérardmer-La Schlucht-Hohneck est affermée à la société générale des chemins de fer économique 
    1932 
Électrification de la ligne et construction d’une nouvelle gare à La Schlucht suite à la fermeture du tramway de Munster
              1935 
Schlucht-Honheck  se révélait inutile,les touristes alsaciens disposants de leurs propres voitures.
Gare de La Schlucht
Voitures à la Schlucht
Touristes alsaciens
Les automotrices continuèrent d’assurer le service entre Gérardmer et Retournemer. La ligne de La Schlucht fut assurée en février 1935 par la société auxiliaire des transport automobiles de l’Est (SATE). Le service fut suspendu le 28 août 1940 suite à la guerre. La voie a été démontée lors de l’occupation et ne fut jamais reconstruite. Son déclassement eu lieu par décret le 19 décembre 1950.

Sources textes Internet et photos : www.delcampe .net

L’arboretum de La Bresse

Refonte de la signalétique

La signalétique de l’arboretum avait été réalisée il y a une bonne vingtaine d’années sous la houlette de Pierre Lambert sur un parcours de 2,4 km offrant de beaux panoramas sur La Bresse. Des plaques PVC avec des lettres autocollantes avaient été posées sur des bornes en bois scellées dans du béton.

Le temps ayant fait son œuvre, il était devenu urgent de rénover cette signalisation.

Le choix s’est porté sur des plaques alu sublimées avec lamination anti UV réalisées par l’atelier «Illico Perso »,légèrement plus grandes que les précédentes pour les recouvrir complètement. Après nettoyage des anciennes plaques, les nouvelles ont été posées à l’aide de mastic.

Une soixantaine de plaques ont été posées, il reste quelques emplacements où les espèces introduites n’ont pas résisté au rude climat bressaud, et où il faudra trouver des essences suffisamment résistantes pour les remplacer.

Le financement de cette opération a pu être réalisé grâce à un don de l’association des loueurs, qui lors de sa dissolution a fait un don au club Vosgien de La Bresse. Qu’ils en soient remerciés.

Mise en place de la nouvelle plaque
La nouvelle signalétique
Où trouver l'arboretum ?

LA CROIX DU LUDENBUHL

Le Ludenbuhl, c’est le plateau sommital situé entre le sommet du télèsiège de la Schlucht et la chaume des Trois Fours. A cet endroit, à peu près au point de jonction des limites communales de STOSSWIHR, LE VALTIN et XONRUPT, est érigé un calvaire dont l’origine s’était quelque peu perdu et qui avait fini par succomber aux assauts répétés du temps qui passe et des intempéries.

En 2013, un groupe d’accompagnateurs en montagne et de skieurs vosgiens entreprirent de restaurer cette croix. En creusant le sol pour asseoir le socle, ils découvrirent un cylindre en plomb contenant un parchemin parfaitement conservé, et dont voici le texte :

« En l’an de gràce 1938, à la fin du mois de juin, en cet endroit dit le Ludenbuhl, il a été élevé un calvaire. Cette croix a été érigée par les soins et sur le dessin d’Henri de Bazel de Lesseux, le bois a été fourni par la Vicomtesse de St Georges, il a été débité par le sagard Koenicker, charpenté par Emile Vincent, la ferronnerie a été exécutée par Alphonse Haxaire, tous étant de la paroisse du Valtin en Lorraine. Cette croix a été bénie par M. L’abbé Lhuillier, curé de Trémonzey, ancien curé du Valtin. En pieux souvenir des gens de la forêt et des skieurs morts en montagne. »

Sur la simple croix de bois restaurée, a été ajouté par la suite un Christ en fonte provenant du couvent des soeurs cisterciennes d’Ubexy.

Belle intention originelle et belle action de restauration de notre patrimoine montagnard.

Et merci à « la Gazette de la Schlucht » et à Gilberte Boulanger pour les informations concernant ce calvaire du Ludenbuhl.

Au fait, si le mot « buhl » signifie colline en germanique, que signifie « Ludenbuhl » ? Merci d’éclairer notre lanterne lorraine….

Les perles de la Vologne

L'Histoire

De la fin du 15ème siècle au 19ème siècle, la richesse et la renommée des Ducs de Lorraine se firent en particulier par la présence de moules perlières dans les rivières vosgiennes : La Vologne, le Neué et le Barba.
La Vologne prend sa source dans le jardin d’altitude du Haut-Chitelet à 1240m.

Collier de perles des Vosges offert à l'impératrice Eugénie

La perle dans la moule d’eau douce ou « mulette perlière »

    Le cycle de formation de la perle est complexe. Il faut d’abord que la larve de mulette grandisse dans les branchies d’une truite fario qui doit survivre dans son milieu naturel et s’enfouir pour poursuivre sa croissance.

Ensuite, elle doit être contaminée par un cestode (ver plat parasite) qui a fait son cycle dans le tube digestif d’un gardon.

La moule va alors secréter du carbonate de calcium, appelé nacre et entourer le parasite afin de l’expulser de sa coquille.
La mulette perlière a été identifiée en France dans le bassin de la Vologne, mais aussi en Bretagne et dans le Massif Central.

Le cycle de formation de la perle

Le désastre écologique

Depuis le début du 16ème siècle, on récoltera les fameuses perles de la Vologne jusqu’au 20ème siècle.
Ces perles sont prisées par la bourgeoisie et la noblesse locales jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus …..
victimes de leur succès !!

 

Moule perlière

La pêche était pourtant réglementée et surveillée par des «  gardes-perles », les ducs de Lorraine se réservaient la production et chargeaient leurs officiers de la pêche en juin, juillet et août.
Il en existait des blanches, des jaunes, des nacrées aux reflets roses.

Elles étaient de la taille d’un petit pois à un grain de riz, certaines piriformes, d’autres baroques façonnées par la nature au gré de sa fantaisie.

Leur disparition est définitive au 20ème siècle par la surpêche, les industries textiles et papetières qui polluent l’eau des rivières et donc plus de truites, plus de perles ….

UN PEU DE BOTANIQUE…

QU’EST’CE QU’UN « TOURADON » ?

photo prise au-dessus de Koepfle, en descendant du Kastelberg vers Mittlach

Peut-être avez-vous déjà été intrigués par ces boules herbeuses (en patois bressaud, on appelle ça un « tchoffnion ») que l’on rencontre dans les prairies humides et désaffectées du massif vosgien.

On pourrait croire que des « Beatles » ont été enterrés debout, ou que des randonneurs distraits ont oublié là leur tête…..

Mais non, il s’agit de ce qu’on appelle des touradons.

Le touradon n’est pas une plante en soi, mais une formation végétale présente sur les milieux marécageux, tourbeux et/ou humides en général. Il est formé d’une accumulation d’herbes (carex, laîches) qui repoussent sur leurs propres racines, formant ainsi ces « mottes chevelues » insolites et remarquables, qui peuvent atteindre une hauteur de 60 cm.