PROMENONS NOUS DANS LES PRES (5)

… de la vallée de Vologne

Nous terminerons notre petite balade virtuelle dans les prés de La Bresse par la belle vallée de Vologne, dont le fond bien aplani par les anciens glaciers a été propice à l’aménagement de nombreux et vastes prés.

Curieusement, on trouve dans la vallée de Vologne beaucoup moins de désignations par un patronyme : Pré Coli (dérivé de Nicolas, aujourd’hui totalement boisé) , Pré Didier (vous vous souvenez du moto-cross à cet endroit ?), le Pré Mathias, le Pré Mougeatte (la femme ou la veuve de Mougel ou de Mougin)…. ou une caractéristique d’une personne : Pré de la Vave (la veuve) ou Pré le Bègue (celui qui bégaye)

Le premier pré rencontré en remontant la vallée est le Pré Vologne (c’est le pré de Wolle, dénomination de La Bresse pour les marcaires alsaciens des origines). Puis nous trouvons le Neuf Pré (usine et pré en amont) et un peu plus haut le Pré de la Grangette  en rive droite de la Moselotte (occupé pour une bonne moitié par le camping du Haut des Bluches). Juste en amont, toujours en rive droite, à l’emplacement de l’usine (anciennement Eurelectric), c’est le Pré des Bas (en patois, le bâ est soit un tronc d’arbre conservé dans la tourbe, soit un quartier de roche). En rive gauche, juste en face et jusqu’au Pont de Bramont, s’étend le Pré des Planches (pré irrigué ou drainé par de nombreuses rigoles, avec petites passerelles de planches pour traverser ces rigoles ou des secteurs particulièrement humide….)

En amont du Pont de Bramont, se succèdent une série de terrains plats, où s’étalent les plus beaux prés de la vallée : en rive gauche : le Pré Mougeatte, puis le Pré du Sapin, puis le Pré des Mortes (les mortes ou eaux mortes sont les bras morts de la rivière, ou les trous d’eau laissés par son ancien lit), puis le Pré des Gouttes (goutte = torrent de montagne). De l’autre côté, en rive droite, juste après le pont de Bramont se trouve le Pré de la Selle (construction à usage de remise à foin ou à outils), le Pré des Zelles (les zelles sont un jardinet ou une maisonnette de l’autre côté du ruisseau), les Prés du Not (de noue = pré humide) et enfin les Prés du Régit (ou terrain vague, plus ou moins abandonné ou mis en jachère).

Plus haut, c’est la forêt et encore plus haut les Hautes Chaumes… Mais là c’est une autre histoire….que l’on vous racontera peut-être une autre fois.

Les vues aériennes (merci Geoportail) vous permettront de situer la plupart de ces prés de la vallée de Vologne…..

Et maintenant, la St Georges est passée, on n’a plus le droit d’aller dans les prés ! On se retrouvera donc sur les sentiers !…… un peu plus tard sans doute….

A la r’voyotte !

Le COTENTIN

Clin d'oeil au Club Vosgien.

Quand la belle échappée se termine en "Echappées Belles"

Printemps 2020, nous sommes tous confinés et nos projets de sorties tombent à l’eau les uns après les autres. Pour changer d’air, je vous propose une escapade virtuelle se terminant d’une façon inattendue …….

Mai 2019 : A l’initiative d’un des leurs et de son épouse, normands d’origine, un groupe d’amis, membres du Club Vosgien part à la découverte de la presqu’île du Cotentin.

Il est prévu de rayonner autour de 2 villes, Granville au sud et Cherbourg au Nord.

Jour 1 : Visite de Granville

Ville de 13000 habitants, Granville s’est naturellement développée par ses activités maritimes puis balnéaires. Elle est surnommée la « Monaco du Nord ».

Fondée au 11ème siècle par un vassal de Guillaume le Conquérant, ancienne cité corsaire et forteresse de défense du Mont St Michel, son port se développa avec la pêche à la morue, remplacée maintenant par la coquille St Jacques. Parallèlement se développa le port de plaisance et les activités balnéaires et touristiques (hôtels de luxe-casino …etc).

C’est aussi le berceau de la famille Dior à laquelle un musée est consacré.

Deux églises monumentales, St Paul et St Nicolas, dominent la ville. Malheureusement, le délabrement de l’église St Paul a contraint la ville à la fermer par mesure de sécurité. Un projet de transformation en musée est à l’étude.

 
 
Granville -La plage - Le Casino et les hotels
Granville dominée par l'église St Paul
Granville - Port de pêche - La Citadelle
2 Granville-Port de plaisance
Granville - Port de plaisance

Jour 2 :  Le Mont Saint Michel – Traversée de la baie à marée basse.

Il n’est bien sûr pas question de nous lancer dans cette randonnée sans accompagnement. Nous nous rendons à Genêts, où nous retrouvons notre guide. Nous ne sommes pas seuls et de nombreux groupes se forment, d’environ 30 personnes .

La brume n’est pas encore levée et la plage découverte nous accueille pour nos premiers pas dans la vase, tantôt d’aspect tôle ondulée assez ferme, tantôt molle où les pieds s’enfoncent, mais le pire, c’est une espèce de glaise qui colle et glisse dans tous les sens ; il faut dans ce cas trouver la bonne position d’équilibre, jambes légèrement écartées, mouvements souples ; on regrette nos bâtons de marche et l’équilibre du skieur de fond est bien utile ……

Nous suivons donc le guide qui  marche à une cadence nettement supérieure à celle pratiquée lors de nos randos CV, mais il est vrai que le temps nous est compté pour les 7 km aller en suivant la marée descendante et 7 km retour avec la marée montante sur nos arrières.

 
 
Le groupe en marche
Le Mont apparait en arrière de l'ile de Tombelaine

Nous traversons des ruisseaux plus ou moins importants et aussi des zones où l’on sent la masse du sol bouger et flotter sous nos pieds ; si on s’arrête, on s’enfonce inexorablement.

C’est le moment pour une démonstration : jambe par jambe, par un mouvement circulaire pour desserrer l’étreinte, et en se retirant progressivement, le guide se sort de ce mauvais pas.

Nous arrivons enfin au Mont après une sortie sur la grève caillouteuse digne d’une initiation de fakir « aie aie aie »…

Après un arrêt de 3/4 d’heure pour visiter, se restaurer, sans oublier l’arrêt technique, nous repartons pour 2 heures de marche avec la marée aux trousses.

La principale difficulté consiste dans le grossissement des rivières, dont l’écoulement est ralenti par la montée de la marée, et à plusieurs reprises, le guide remonte le lit à la recherche d’un gué pour traverser ; malgré cela, les shorts, même remontés au maxi seront trempés .

Refroidis par le vent du large, nous avons hâte d’arriver.

La côte approche et nous rencontrons une dernière difficulté à découvrir dans la vidéo ci-dessous.

Nous mettons enfin pied sur la plage, heureux d’avoir vécu cette expérience ……. et de changer nos habits mouillés.

Jour 3 :L’archipel de Chausey.

Situé à 15 km de Granville, l’archipel est accessible par de nombreuses navettes. Il est constitué de 20 îles et environ 130 îlots qui se découvrent à marée basse. Seule Grande-Ile est habitée (30 habitants permanents) la plupart pêcheurs de homards, congres, bars ou éleveurs d’huitres et de moules mais elle reçoit près de 200 000 visiteurs par an.

Chausey - vue aérienne

Après 1 heure de navigation, nous accostons sur cette île qui, malgré son nom, ne mesure qu’1.5 km de long sur 500 m de large.

Nous avons la journée pour en faire le tour ; après les quelques maisons du petit port, nous prenons le sentier côtier et découvrons d’abord le château construit en 1559 et rénové en 1923 par Louis Renault (industriel automobile), considéré comme le bienfaiteur de l’île, puis le fort construit en 1886, qui a surtout servi de camp de prisonniers allemands pendant la 1ère guerre mondiale.

Le sentier traverse une zone de carrières débouchant sur la mer ; c’est ici que s’approvisionnaient les moines bâtisseurs du Mont St Michel.

En bout de l’île, un promontoire nous révèle un paysage de rochers fantastiques entre les grèves et criques où mouillent de nombreux voiliers.

 
 
Rochers des Moines
Chausey à marée basse

Nous terminons ce tour  de l’île , sans difficultés , enchantés par la flore de printemps, éclatante sous le soleil de mai.

Jour 4 : Granville – Cherbourg 

Nous prenons la direction du Nord, par de petites routes qui serpentent entre bocage et marais et arrivons à Ste Mère-Eglise.

Ste Mère-Eglise et le para suspendu

Le village est très animé ; dans quelques jours débuteront les commémorations du 75 ème anniversaire du débarquement et militaires et officiels occupent le terrain.

Nous ne manquons pas de visiter le musée Airborne, consacré aux troupes américaines aéroportées. Il mérite vraiment que l’on s’y attarde.

Films d’époque, tableaux, expositions d’objets, matériel, véhicules, scénes reconstituées nous font vivre les évènements du jour -J, depuis la préparation jusqu’à la libération.

Deux reconstitutions nous ont particulièrement  frappés.

L’une nous fait monter dans un planeur et  vivre l’approche, l’atterrissage brutal dans les marais qui fit de nombreuses victimes.

Dans l’autre, nous montons dans un avion et nous apprêtons à sauter en parachute.

Dans les 2 cas, tout y est, le matériel est authentique, les bruits de moteur, de DCA, les ordres, l’ambiance, comme si vous y étiez.

Jour 5 :  Cap de La Hague – Nez de Jobourg.

Par la D901, 28 km de route nous mènent à la pointe Ouest du Cotentin, laissant sur notre droite l’usine de retraitement de déchets nucléaires de La Hague, qui emploie 3000 personnes et traite les déchets français, mais aussi étrangers, ces derniers étant retournés  après traitement dans leur pays d’origine.

A Goury, petit circuit sur la pointe avec son sémaphore ;  ambiance irlandaise en arrière-pays avec les murs de pierre, cousins des « beurheux bressauds ».

Nous reprenons la voiture et par la D 401 puis la D 202 nous nous approchons du  but de la rando de la journée.

Le nez de Jobourg, cap rocheux plongeant dans la mer du haut de ses 128 mètres est accessible par le sentier du littoral – GR 223. Entre croupes herbeuses et criques profondes, ce sentier nous mène au point culminant.

Jour 6 : Cherbourg – autour du port.

Cherbourg est une ville de 80 000 habitants et se déploie autour  de ses 5 ports de plaisance, pêche, commerce, croisières  et militaire, protégés par sa rade artificielle (2ème plus grande au monde).

Visite de la Cité de la mer :

Cette cité occupe l’ancienne gare Maritime Transatlantique, sur le terminal des ferrys.

La galerie d’entrée présente 12 engins de  plongée sous-marine d’époques diverses.

La cité de la mer
Sous- marins : des origines à nos jours

Nous visitons ensuite le Redoutable, 1er sous-marin nucléaire français, opérationnel de 1967 à 1991. Offert par le ministère de la marine, il est ouvert au public depuis 2002, après d’importants travaux, tant sur le port que sur lui-même et notamment l’extraction du noyau atomique.

Pourvus d’audio-guides, la visite dure 40 mn.

Le Redoutable

Nous continuons la visite par l’aquarium, 17 bassins dont un de 11 m de profondeur et pour terminer par l’expo « Titanic », qui retrace l’histoire de l’immigration européenne et plus particulièrement le tragique destin des passagers qui embarquèrent le 10 avril 1912 sur le paquebot pour sa dernière traversée.

Nous embarquons ensuite pour un tour de la rade commenté.

Commencés en 1783, les travaux ne furent terminés qu’en 1853 et connurent des fortunes diverses : prototypes de caissons submersibles emportés par la tempête, évènements politiques (révolution française puis guerres napoléoniennes).

La rade est protégée par 3 digues d’une longueur totale de plus de 6 km. La rade centrale, distante de 4 km de la côte est longue de 3640 m, sa largeur à la base est de 100 m, 12 m au sommet pour une hauteur moyenne de 27 m.

Ces digues sont constituées de bateaux de guerre sabordés puis d’enrochements.

La rade de Cherbourg

5 forts sont construits sur ces digues, car le but était de protéger notre marine de guerre contre les anglais. Voire ci-dessous ce qu’il  reste de ces forts, mais les digues, en bon état, contribuent à l’activité de ce port en eaux profondes, recevant les plus grands navires de croisières.

L’arsenal en profite aussi et est spécialisé dans la construction de sous-marins nucléaires ; le Suffren devrait sortir en 2020 et 5 autres d’ici 2030…..  (prévisions avant les évènements actuels).

Et nous ne pouvions terminer cette journée à Cherbourg sans faire un tour en ville ……

38la parapluies de Cherbourg (3)

Jour 7 :  Ile de Tatihou

Pour notre dernière journée, nous décidons de visiter cette île au nom à consonnance exotique (Tahiti ?) située à quelques encablures du port de St Vaast la Hougue.

Ile minuscule de 29 ha habitée depuis longtemps, on a découvert des traces datant de 1500 av JC, elle fut fortifiée en 1694 (encore contre les anglais !). En 1720 elle reçoit les équipages mis en quarantaine pour éviter la propagation de la peste.                                                                                     Aujourd’hui, il n’y a plus d’habitants mais c’est un musée consacré aux   marins. Epaves, rénovations, tableaux, ouvrages anciens, maquettes y sont exposés dans plusieurs bâtiments. La flore sauvage et cultivée est exposée dans des jardins.

Musée de Tatihou

L’île est accessible à pied à marée basse ou avec une vedette à pneus, fonctionnelle à toute heure à partir d’un plan incliné. C’est  ce moyen que nous employons et nous cheminons de jardin en expo jusqu’à l’heure du pique-nique. Un parc, des tables et des bancs, nous nous installons.          

Le repas terminé, nous nous apprêtons à continuer notre visite lorsque nous apercevons un groupe de 4 personnes qui se dirige vers nous ; à sa tête, une petite dame habillée en noir, coiffée d’une casquette …..                              Surprise, interrogation, mais oui bien sûr, on la connait !!! Sophie ! Sophie Jovillard et son équipe de tournage de l’émission « Echappées belles » !!    Nous voilà beaux ! pourvu qu’elle ne nous interviewe pas !!                             Mais on n’y coupe pas ! et ça donne la vidéo ci-après.

Notre escapade se termine et il faut se quitter, aprés avoir chaleureusement remercié nos « Gentils Organisateurs » pour le choix du programme.

Il reste encore beaucoup à visiter dans ce département de la Manche et nous nous sommes promis d’y retourner.

Nous espérons par cet article, vous avoir donné l’envie d’y passer un moment.

 Crédits photos 

Granville – port de pêche – Le Routard 
Chausey – vue aérienne – Ouest France     
Cherbourg – Cité de la mer – Manche Tourisme
Cherbourg – Le Redoutable – Discount marine
Ile de Tatihou – vue aérienne – Manche .fr

PROMENONS NOUS DANS LES PRES (4)

… de la « colline » du Chajoux

Nous continuons notre petite balade virtuelle dans les prés de La Bresse…. cette fois dans la colline (ou vallée) du Chajoux, en patois « dan lai baisse di Chaigeou » .

En s’éloignant du village, et passé le défilé encaissé qu’on dit « des carrières », la vallée du Chajoux s’ouvre au pied du versant nord du Moyenmont, et on y retrouve bon nombre de prés, dont la plus grande partie porte, ici encore, un nom de famille ou un prénom ;

Ainsi de l’aval vers l’amont, on trouvera sur le versant de l’endroit : le Pré Urbain, le Pré Marion, le Pré Parmentier, le Pré Haibé (ou Habert en patois). Curieusement, on trouve davantage de prés sur le versant de l’envers avec, toujours de l’aval vers l’amont : les Prés Gaumés (patronyme Gomel : au moins cinq familles à La Bresse au milieu du 16ème siècle), le Pré Mathias (aujourd’hui entièrement reboisé) , le Pré Blaise, le Pré Remy, le Pré Lehon, le Pré Curien, le Pré Gomel (sans doute un cousin…) le Pré Maqué (du patronyme Macquel, mentionné dans le recensement de 1559), et puis le plus élevé sur la butte de Moyenmont : le Pré Jacquot.

Plusieurs prés désignent aussi des personnes, non par leur patronyme, mais par une caractéristique particulière. Ainsi le Pré Lega (sans doute un officier de justice des ducs de Lorraine), les Prés du Chajoux (en patois le « chaigeou » = celui qui charge (du bois, des cailloux, du foin ?) ou encore le Pré de la Cure (certainement rattaché au presbytère) et le Pré du Courbé (du bossu ? ou du paysan penché sur son champ ?).

On retrouve aussi dans les dénominations des prés une caractéristique soit géographique (le Pré de l’Envers) soit topographique au Pendant Pré (sa forte pente permit d’y construire au milieu des années 60 un tremplin plastique…)

Amusons-nous un peu avec le Pré du Rouan, dont l’origine de dénomination est moins évidente. Les érudits lorrains de la fin du 19ème siècle (Fournier, Haillant) donnent au mot « rouan » le sens de hauteur entre deux dépressions : le Rouan serait alors le Haut Rouan, entre les « creux » de l’Etang de la Cuve et d’Entre-les-Gouttes, et le Pré du Rouan serait le pré situé au pied du Haut Rouan….Sauf que jusqu’à la fin du 16ème siècle, le Haut Rouan s’appelait « Brambach » (voir  carte-perspective de Thierry Alix datée de 1575-1576)…. Dom Calmet (1ère moitié du 18ème siècle), autre érudit s’il en est, donne à « rouan » le sens de confluent entre deux ruisseaux, ce qui convient assez bien à notre pré du Rouan, situé juste au niveau du confluent du ruisseau du Chajoux et de la Goutte du Haut Rouan, ce dernier devenant alors le sommet situé au-dessus du Pré du Rouan…. Notons enfin que le chanoine Hingre dans son dictionnaire patois de La Bresse, donne à « rouan » le sens de « rwau » = ornière ou forte pente…..

On pourra comparer les vues aériennes d’aujourd’hui, (merci Géoportail) avec une vue aérienne de 1935, et constater les changements… bien que parmi les prés qui y sont surlignés, la plupart soient encore fauchés ou pâturés.

Fin de la promenade pour aujourd’hui…. Notre prochaine (et dernière) sortie, nous conduira dans « lai  baisse dé V’logne », la vallée de la ….. Moselotte.

Promenons nous dans les prés (3)

Du Village au Bas de La Bresse

Poursuivant notre petite balade – virtuelle– dans les prés de La Bresse….nous quittons les versants pour redescendre dans la vallée, du village de La Bresse jusqu’au Bas.

Bien sûr, nous trouverons « en bas » moins de prés, l’espace étant davantage affecté – même aux temps anciens – aux habitations, aux jardins, aux activités…. ; ces espaces sont ceux qui ont subi le plus de transformations durant le siècle écoulé. Ainsi, il est presque impossible aujourd’hui de retrouver la délimitation exacte des Prés du Breuil (breuil = pré appartenant au seigneur et pour l’exploitation duquel était dû un impôt en nature : foin, grain, argent ou même mesure de vin !) ou du Pré Noel (celui qui se trouve au-dessus de l’emplacement actuel du gymnase à la Petite Bresse), entièrement redessinés par l’urbanisation conduite  de 1950 à nos jours. De même le Pré du Void (void = endroit ou l’on passait à gué la rivière) est aujourd’hui occupé par l’ancienne scierie communale et les Transports Crouvezier.

Bien entendu, on trouvera encore dans la vallée bon nombre de prés portant le nom de leur propriétaire ou de leur exploitant : Le pré Georges au-dessus du Planot Paris, le Pré Poirot au confluent de la goutte du Brabant et de la Moselotte, tous deux urbanisés aujourd’hui ;  le Pré Houillon en rive gauche de la Goutte du Brabant, le Pré Simon au-dessus du secteur de Niachamp sont pour une bonne part retournés à la friche. A défaut du nom, on aura la caractéristique principale du « tenant » du pré : un costaud ou un brave (ou un champion du 400 m ?) pour le Pré Gaillard, au-dessus et à droite du Monument des Combes, un ecclésiastique pour le Pré le Prêtre en rive droite de la Moselotte derrière l’usine BTB au Bas, ou encore un animal remarquable pour le Pré le Loup en limite de Cornimont.

Nous rattacherons à nos prés du village les Proyes (entre la route du Brabant et la Moselotte) et les Proyes d’amont (en rive gauche de la Moselotte et en amont du pont des Proyes), pour lesquels nos érudits régionaux s’accordent à donner le sens de prairie, avant l’affectation à la construction bien sûr….

Sur les vues aériennes jointes, (merci Géoportail) quelques uns de ces prés sont surlignés et on pourra constater que la plupart sont passés de la vocation de prés de fauche à la vocation de terrains à bâtir.

Remarquer aussi la disposition des rues et des maisons du village, assez différente de celle d’aujourd’hui.

Fin de la promenade urbaine pour cette semaine….

La prochaine fois, nous irons faire un tour dans la « colline » du Chajoux…

PROMENONS NOUS DANS LES PRES (2)

Du Brabant aux Bouchaux

Nous continuons notre petite balade virtuelle dans les prés de La Bresse….cette fois sur le versant de l’envers, du Brabant aux Bouchaux.

Parmi les 120  lieux-dits portant le nom de « Pré …quelque chose ». (rappel : on ne désigne par pré que les endroits où l’on peut faucher l’herbe) , le secteur compris entre la limite de Cornimont et la forêt du Lac des Corbeaux n’en compte pas moins de 14, dont 9 désignés par un nom ou un prénom, et 5 un autre qualificatif.

Nous trouverons donc le Pré Anould (à moins que Anould ne désigne un lieu où poussent des aulnes…), Le Pré Léonard (cette fois, on utilise le prénom et non plus le diminutif de Nînâ…), le Pré Colesse (déformation de Colatte, ou à prendre au sens premier de « couliche », ou encore déformation de « caleuche » = souche) , le Pré Dieudonné, le Pré Mathiate (la femme ou la veuve de Mathias), le Pré Martine (ou plutôt Mantine), le Pré Diaudate (la femme de Diaudat = Claude), le Pré du Grand Bastié….

On trouvera aux Bouchaux deux prés voisins désignés par leur caractéristique topographique : le Pré du Golet (avec son thalweg bien visible au milieu et de haut en bas du pré ) et, en dessous du précédent, le Pré Bessat (situé dans  une bessate = repli, creux de terrain)

Plus haut, vers l’ancien domaine de ski de Supervallée, on trouvera le Pré des Corbeaux (est-ce l’animal volatile ? ou un sobriquet décerné à l’habitant du lieu ? ou encore une déformation de « Courbée » qui désigne un champ ou un pré épousant la courbe de niveau ?) et juste au-dessus le Pré des Caumés (déformation du patronyme Gaumel présent à La Bresse en 1559, ou de combe, ces prés étant situés entre la combe dite « du tir » et celle du lac des Corbeaux…. ??)

Mentionnons encore le Pré de la Vieille Maison tout en haut des Bouchaux, et plus bas, dans la combe du « Tir » au-dessus de l’actuelle zone d’activités des Ecorces, le Pré de Bois (entouré de bois ?)

Sur les vues aériennes jointes, (merci Géoportail) quelques uns de ces prés sont surlignés et malgré le temps qui passe et la déprise agricole, on devine encore bien qu’ils ont été – ou sont encore – fauchés ou paturés. On voit encore mieux sur la vue aérienne (noir et blanc) de 1935, car la friche était sérieusement « pourchassée »….

Allez, fin de la promenade pour aujourd’hui….

La prochaine fois, nous redescendrons dans la vallée, pour remonter du Bas de La Bresse jusqu’au Village….