PROMENONS NOUS DANS LES PRES (1)

Du Raindé....

En ces temps de confinement, et à défaut de pouvoir gambader dans la nature, je vous propose une petite balade – virtuelle bien entendu – dans les prés de La Bresse….

Le cadastre ancien de La Bresse comporte près de 400 noms de lieux-dits, dont environ 120  portent le nom de « Pré …quelque chose ».

A l’époque où ils ont été dénommés, on désignait par « pré » uniquement les surfaces, petites ou grandes, susceptibles d’être fauchées pour produire du fourrage.

Nous allons cette semaine visiter quelques-uns de ces prés, entre le Raindé (limite avec Cornimont) et la Chaume de Grouvelin, sur le versant droit de La Bresse.

Près de la moitié des lieux-dits désignés par « pré » portent le nom de leur propriétaire ou de leur exploitant. Sur notre parcours, nous irons du Pré Barthélémy au Pré Jacques, en passant par Pré François (prononcer Françouais), Pré Nînâ (qui n’est pas un prénom féminin, mais qui est Léonard) , Pré Gomel (dans le recensement des ménages de la Bresse en 1559, on trouve Colas Gomel, Adam Gomel, Vincent Gomel) ou encore Pré Noël ou Pré Urbain….

Plus rarement, le « pré » est désigné par un qualificatif de son propriétaire : le Pré du Sage, ou le Pré Gros Joseph.

Le pré est aussi dénommé en fonction de sa situation par rapport à la ferme : Le Pré Dessus (à une altitude légèrement supérieure), ou par rapport à un repère topographique : le Pré Devant (en avant de la roche qui domine la ferme, donc visible de cette dernière) ,  et le Pré Derrière (soit situé derrière la ferme, soit situé derrière un obstacle topographique par rapport à la ferme).

La végétation, la nature du sol, ou le type de culture qualifient aussi quelquefois le pré : Pré de la Fougère, le Pré de l’Orme, le Pré du Champ, ou encore pré Clochette (le pré où poussent en avril ces petites clochettes jaunes qu’on appelle jonquilles….) et le Pré Sec (sans doute le propriétaire y a-t-il vainement cherché une source ?)

Plus rare encore, le pré se rapporte à un évènement : le Pré de la Bataille au-dessus du Raindé (légende de deux frères qui se seraient entretués à cet endroit pour les beaux yeux d’une belle…. ou encore (attesté dans les archives anciennes) bataille entre paysans pour l’exploitation du lieu…..)

Sur les vues aériennes jointes, (merci Géoportail) quelques uns de ces prés sont surlignés et malgré le temps qui passe et la déprise agricole, on devine encore bien qu’ils ont été – ou sont encore – fauchés et entretenus.

Allez, fin de la promenade pour aujourd’hui….

La semaine prochaine, nous irons sur le versant d’en face, du Brabant aux Bouchaux….

....à Grosse Pierre

Une réflexion sur « PROMENONS NOUS DANS LES PRES (1) »

  1. Bonjour,

    Cette situation inédite, jamais connue, met chacun d’entre nous dans une situation d’attentisme quant à un Avenir dont
    les contours sont peut-être à redéfinir ou à inventer.

    Les interrogations de chacun(e) vont vers ce qui constitue la Vie, tant au plan individuel que collectif. Cette interaction, source
    d’enrichissements et de partages qui nous fait défaut, en l’occurrence lors de ces randonnées qui nous vont si bien à Tous.
    Si nos moyens technologiques actuelles nous permettent un certain rapprochement, il n’en reste pas moins que la virtualité de ceux-ci ne remplacent pas les sens d’une ambiance de groupe, le souffle du vent dans les arbres, la vue des crêtes, le ressenti d’un effort en montée, le chant des oiseaux, ou la reconnaissance d’autrui dans ce qu’il(elle) exprime en direct.
    Nous laissons là de coté ces notions itératives qui construisent le sens de nos vies sans doute pour mieux d’en apprécier la résurgence le moment venu de rencontrer à nouveau ces mouvements d’une vie dont la randonnée, avec tout ce qu’elle implique.

    Peut-être, en attendant de pouvoir se confronter à la Nature et ses Diversités, pourrions nous nous inspirer des Rêveries d’un des plus Grands Marcheurs Solitaires qu’était Jean Jacques Rousseau :
     » La marche à quelque chose qui anime et avive mes idées : je ne puis presque penser quand je reste en place; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit. La vue de la campagne, la succession des aspects agréables, le grand air, le grand appétit, la bonne santé que je gagne en marchant, la liberté du cabaret, l’éloignement de tout ce qui me fait sentir ma dépendance, de tout ce qui me rappelle à ma situation, tout cela dégage mon âme, me donne une plus grande audace de penser, me jette en quelque sorte dans l’immensité des êtres pour les combiner, les choisir, me les approprier à mon gré, sans gêne et sans crainte. Je dispose en maître de la nature entière; mon cœur, errant d’objet en objet, s’unit, s’identifie à ceux qui le flattent, s’entoure d’images charmantes, s’enivre de sentiments délicieux ».

    Ils reste, à tout âge, les possibles d’un Avenir, marche incessante vers ce que nous voudrions inscrire dans l’espace d’un Temps sans cesse disponible, quelles que soient les conditions où évoluer comporte les Forces et Faiblesses de tout à chacun. Si les conditions actuelles ne nous permettent pas d’effectuer les pas sur tout chemins à la convenance de chacun(e),
    cette immobilité n’est en soi que temporaire avant de renouer avec la Liberté de se retrouver face à soi-même mais aussi au sein d’une corrélation d’âme, de cœur et d’esprit, une transposition aussi au sein de ces Espaces que nous chérissons lors des Marches et autres Randonnées.

    La Forêt nous manque, certes, mais ne nous perdons pas dans celle des incertitudes. Ne nos arrêtons pas là où il sembla alors plus difficile d’avancer. Toute Vie naît et renaît des de ces incertitudes. Et puis ne dit-on pas que pour savoir où l’on va, il nous faut aussi savoir d’où on vient. Il n’y a qu’à, en ce qui nous concerne, apprécier le contenu de nos Forêts et la Beauté de nos Massifs, témoins centenaires ou millénaires de la Vie sur Terre.

    Prenez soin de Vous et de vos Proches.

    Dominique André

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